À propos de la drépanocytose

La drépanocytose est une maladie génétique qui touche des millions de personnes dans le monde. Bien que l’espérance de vie ait augmenté au cours des 20 dernières années, les complications aiguës et chroniques entraînent toujours des comorbidités, une charge sociale élevée et un décès prématuré vers l’âge de 40 ans. Environ 1,1 % des couples dans le monde risquent d’avoir un enfant atteint d’un trouble de l’hémoglobine (drépanocytose ou thalassémie) et 2,3 conceptions sur 1000 sont affectées par la drépanocytose. Les estimations suggèrent que chaque année, environ 300 000 enfants naissent avec la drépanocytose et que ce nombre pourrait atteindre 400 000 d’ici 2050 . La drépanocytose touche plus de 100 000 enfants et adultes aux États-Unis. En France, environ 26 000 patients sont touchés (50 % d’enfants, 50 % d’adultes).

La maladie va bien au-delà des crises douloureuses épisodiques. L’hémolyse chronique, la vaso-occlusion et le dysfonctionnement endothélial entraînent des lésions organiques progressives touchant le cerveau (infarctus silencieux, accident vasculaire cérébral manifeste), les reins, les poumons (hypertension pulmonaire, syndrome thoracique aigu) et la rate. Ces lésions cumulées réduisent l’espérance de vie de 20 à 30 ans, même dans les pays à revenu élevé, et les patients développent souvent des complications que les traitements actuels ne peuvent pas inverser.

Rationnel pour l’utilisation du masitinib dans la drépanocytose

Les mastocytes, une cible majeure du masitinib, semblent jouer un rôle essentiel dans les formes graves de drépanocytose et ses complications, telles que les crises vaso-occlusives (CVO), le syndrome thoracique aigu et la douleur . Le masitinib a démontré un bénéfice de survie dans un modèle murin de drépanocytose: toutes les souris de contrôle atteintes de drépanocytose ont eu des crises vaso-occlusives et 83 % d’entre elles sont mortes dans les 3 premières heures, alors que les souris atteintes de drépanocytose et traitées au préalable avec le masitinib pendant 4 jours n’ont pas eu de crises vaso-occlusives et ne sont pas mortes. En outre, l’histologie pulmonaire et l’immunohistochimie ont montré que le masitinib protège des lésions pulmonaires aiguës et de l’infiltration des mastocytes dans un modèle murin de drépanocytose.

Étude de phase 1/2 avec le masitinib dans la drépanocytose

Le développement clinique du masitinib dans la drépanocytose est mené dans le cadre du programme collaboratif SICKMAST, financé à hauteur de 9,2 millions d’euros, qui vise à démontrer dans un essai clinique de phase 2 l’efficacité du masitinib dans le traitement des complications aiguës et chroniques de la drépanocytose chez des patients identifiés sur la base de biomarqueurs. L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) est le promoteur de cette étude de phase 2, conçue en deux étapes :

  • Etape 1 : Identification et validation de biomarqueurs mettant en évidence le rôle des mastocytes et des basophiles dans l’orchestration des complications aiguës et chroniques de la drépanocytose
  • Etape 2 : Démonstration, dans le cadre d’un essai clinique de phase 2, de l’efficacité du masitinib dans le traitement des complications aiguës et chroniques de la drépanocytose chez des patients identifiés sur la base de biomarqueurs